Jean-Sébastien Faure
Photographe
Jean-Sébastien Faure raconte des moments de vie. À l’instar de Mary Ellen Mark (l’une de ses références majeures) qui s’était attachée, voilà trente ans, à retracer l’existence quotidienne des prostituées de Falkland Road (à Bombay) avec une justesse de ton bouleversante, il cherche photographiquement à « être dans l’histoire ». Non pas qu’il sacrifie la forme au fond (les décentrements, les jeux de lignes, les premiers plans, les échelonnements de plans, prouvent qu’il construit parfaitement ses images), mais du moins ne dresse-t-il jamais de barrière protectrice — y compris esthétisante — entre ce qu’il photographie et lui. Les zooms surpuissants des paparazzi constitueraient la négation même de son éthique photographique. Jean-Sébastien Faure est « dedans », n’hésitant jamais à aller « au charbon », à la rencontre des autres, s’invitant avec leur accord dans leur monde à eux, et s’impliquant profondément dans tout ce qu’il nous donne à voir.
